Figure majeure du renouveau spirituel du XVIIᵉ siècle, François de Sales unit théologie, expérience mystique et pédagogie pastorale. Il rappelle que « l’essence du christianisme est l’amour » et propose une morale fondée sur la charité, accessible à tous les états de vie.
Sa notion clé, la dévotion, est le degré le plus vif de la charité : agir « soigneusement, fréquemment et promptement » pour Dieu. Il refuse l’élitisme spirituel et affirme que la sainteté peut fleurir dans la vie ordinaire : famille, travail, responsabilités sociales.
Son expérience missionnaire au Chablais fonde sa méthode : vérité, douceur, pauvreté réelle, imitation du Christ. Il découvre que les conversions viennent surtout de l’exemple : « qui prêche avec amour, prêche assez ».
Dans l’Introduction à la vie dévote, il propose un chemin concret : oraison, sacrements, « petites vertus » (patience, douceur, humilité), ajustées au devoir d’état. Dans le Traité de l’amour de Dieu, il décrit la naissance, le progrès et l’union de l’âme à Dieu par la conformité au bon plaisir divin et l’indifférence spirituelle.
Son anthropologie distingue le sentir du consentir : la liberté se joue dans la « fine pointe de l’âme ». La croissance se fait par petits pas, dans la patience envers soi-même.
Au sommet, son christocentrisme : la Passion comme école d’amour, d’abaissement et de zèle. Toute sa morale découle de cette union au Christ « qui mourut en l’amour, par l’amour, pour l’amour et d’amour ».